Haut-parleurs de combat, projecteurs sonores, canons à son, ultrasons répulsifs, engins détonateurs… tant de bijoux technologiques créés pour faire la guerre ou maintenir l’ordre. Comment le son est-il utilisé pour disperser des manifestations, contrôler l’espace public ou torturer des prisonniers ? Juliette Volcler dans son livre Le Son comme arme a mené une enquête minutieuse sur les coulisses de la « répression acoustique ». Interview.
Basta ! : Y a-t-il une évolution récente des techniques de « répression acoustique » ?
Juliette Volcler [1] : À la fin des années 2000, des articles ont été publiés sur le sujet : la musique employée comme moyen de torture dans les prisons de la CIA, l’emploi d’un nouveau type d’arme « non létale » dans les manifestations, leLRAD (Long Range Acoustic Device) – vite labellisé « canon à son » par les médias –, l’usage du Mosquito, un émetteur de très hautes fréquences, pour chasser les « indésirables » de certains endroits. L’usage du son pour réprimer, contrôler ou torturer n’est pas neuf, mais la conjonction tout à coup de ces trois usages – en temps de guerre, dans le maintien de l’ordre et dans l’espace public – semble montrer des transformations des pratiques policières ou militaires.
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