Monday, 16 January 2012

Les mineurs de San Juan

Le massacre minier de Saint Jean, survenu à l’aube du 24 juin 1967, ne figure pas dans les pages officielles de l’histoire nationale, même si son souvenir reste vif dans la mémoire collective et se transmet oralement, de génération en génération, se transformant parfois en contes et légendes, comme souvent avec les faits historiques qui se refusent à succomber dans les brumes de l’oubli. Et si je le raconte ici et maintenant, c’est que je fus témoin de cet horrible massacre trois jours après l’anniversaire de mes neuf ans.
Les mineurs allaient donner deux jours de leur salaire pour supporter la guérilla du Che qui était alors en Bolivie

Tout commença lorsque les familles de mineurs rentraient chez elles après avoir fêté le solstice d’hiver autour des feux, où on dansa et chanta au rythme des cuecas et des huayños, accompagnés par des des verres de ponch, des plats typiques, de la coca, des cigarettes, des bâtons de dynamite et des pétards.

Tandis que la fête se déroulait dans la ville de Llallagua et les campements de Siglo XX, les troupes du régiment Ranger et Camacho, qui quelques heures plus tôt avaient encerclé les lieux à la faveur de la nuit, ouvrirent le feu de tous les côtés, abandonnant une vingtaine de morts et soixante-dix blessés entre les piqûres du froid et les sifflements du vent.

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